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Culture

Dimanche 7 octobre 2007

Notre société, toujours pressé, ne prend jamais le temps de vivre. Nous sommes à l'époque où triomphe les fast food, où la bonne cuisine cédent le pas aux surgelés. Le régne de la cuisine industrielle ! Quelle horreur !

Fort de cette constation, j'ai décidé de disserter sur le bonheur de bien manger. Toutes les personnes en ayant profiter ne me contrediront pas sur le plaisir d'une assiette pleine de pâte à la carbonara, où d'une délicieuse viande de mouton servie avec un verre de vin rouge. Car, prendre le temps de bien manger, cela repose, cela vous fait sortir de vos soucis. Le danger est de se cantonner toujours au même menu. Non ! Il faut varier. Passer de la délicate cuisine française, aux glaces italiennes, pour finir avec le couscous arabe. Tout les connaisseurs, parmi l'amateur que je suis, conviendront que plus on va vers le nord, plus la bonne cuisine se fait rare. N'en déplaisent à ceux ci, le génie des anglais, des allemands, des scandinaves, ne réside pas dans la gastronomie. Je préfére, et ne pense pas avoir tort, la cuisine du sud. J'ai le souvenir d'un délicieux restaurant arménien, à Chateau-Gombert. Il était délicieux. C'est un de ces restaurants qui vous servent de la cuisine délicieuse en telle quantité que vous vous êtes régalé et vous n'avez plus faim.

Un des faits que je blâme, en plus de ces horribles fast-food, est le fait d'aller dans un pays sans en gouter les spécialités culinaires. Quel est l'intérêt d'aller à Bruxelles pour manger une ratatouille, à Rome pour manger des frites ? Le tourisme culinaire est une activité des plus intérressante. Cela vous fait découvrir l'âme du pays à travers le goût, le travail de ses habitants à travers les calories et les plantes de la région à travers les ingrédients. Ici on peut comprendre Esaü qui vendi son droit d'aînesse contre un plat de lentille.

C'est pourquoi je me permet de féliciter nos rois pour leur bon goût culinaire, et de blâmer N. S. de ne boire que de l'eau.

Aubert de P.

Par Godefroy de Bouillon
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Dimanche 28 octobre 2007

Scout13-1-.gif

La jeunesse n'est pas une période de la vie, elle est un état d'esprit, un effet de la volonté, une qualité de l'imagination, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l'aventure sur l'amour du confort.

On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d'années, on devient vieux parce qu'on a déserté son idéal. Les années rident la peau, renoncer à son idéal ride l'âme. Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis qui lentement nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.

Jeune est celui qui s'étonne et s'émerveille. Il demande comme l'enfant insatiable. Et après? Il défie les événements, et trouve de la joie au jeu de la vie.

Vous êtes aussi jeune que votre foi. Aussi vieux que votre doute. Aussi jeune que votre espoir. Aussi vieux que votre abattement.

Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif. Réceptif à ce qui est beau, bon et grand. Réceptif aux messages de la nature, de l'homme et de l'infini.

Si un jour votre cœur allait être mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.

Texte de Samuel Ullmann,
cité par le Général McArthur

Par Godefroy de Bouillon
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Samedi 1 décembre 2007

On a beaucoup parlé de l'honneur : certain dise qu'il est archaïque, que c'est un carcan, d'autre que c'est un idéal, une grande valeur, d'autres ... L'honneur est surtout une valeur suscitant toujours une réaction : elle échappe à ce qu'il y a de pire, car il signifie sa disparition totale : l'indifférence. 
L'honneur, nous dit Le Robert, est une dignité morale. L'honneur est en fait quelque chose de presque aussi important que l'âme. Il est en réalité son aspect extérieur. Il est le dernier bastion de l'homme, car c'est quelque chose d'abstrait, qui n'implique que soi, en particulier sa volonté. Ainsi François I dira, après une de ses plus grandes défaites où il avait été défait, "Tout est perdus fors l'honneur". On voit de cette manière que l'honneur est quelque chose de formidable : il permet, quand on la posséde, de garder la tête haute au pire moments d'humiliation, alors que vous auriez le profil bas dans de meilleur moment, sans elle. 
L'honneur ne fait pas réussir, elle est un éclat sans lequel toute victoire est terne, avec lequel une défaite garde un teint de panache. Voilà le grand mal de notre siècle : l'honneur n'est plus. La parole d'honneur est bafoué, les hommes politiques ne font plus de coup d'éclat qu'en parole, et cela devient rare, il arrive de plus en plus souvent qu'ils soient vils. Que l'on ne s'étonne pas si les français ne se reconnaissent pas dans leurs représentants (quelque part cela me rassure). 
Ce qui ne me rassure pas, c'est que personne ne réagit (honneur) quand on crache sur la France. Il y a 3 siècles, on se battait en duel pour un mot. Aujourd'hui, personne ne proteste quand un stade entier siffle la Marseillaise. C'est ici que je mettrai un point d'honneur (toujours lui). à taper du point sur la table : 
NON !!! ON NE SIFFLE PAS LA FRANCE. ENCORE MOINS QUAND ON LUI DOIT TOUT.  Ces gens qui sifflent sur la Marseillaise provoque chez moi un  dégout sans nom pour eux. Ils ont perdu tout honneur en crachant sur le pays qui les accueillait. Ils ne sont que de pauvres types sans foi ni loi. Je traite et je pense la même chose de ces personnes qui fêtent Trafalgar au lieu d'Austerlitz, ceux qui glorifient la France pour accéder au pouvoir, et qui s'empresse de confier cette France à des mains douteuses.

L'honneur est ce qui nous sauvera. Il est un sursaut qui revient parfois quand on le croit perdus, une étincelle pouvant rallumer un feu. Il est quelque chose se rapprochant du courage et de l'héroïsme, car il fait foncer tête baissé sans réfléchir. L'honneur est en fait de faire son choix en toute indépendance, absolument (au sens étymologique du terme, qui signifie sans lien), quitte à choisir l'esprit de contradiction, et ensuite l'assumer pleinement. Il est l'acceptation totale de choix. 
Soyez des hommes d'honneurs, vous gagnerez votre estime.

Par Godefroy de Bouillon
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Lundi 24 décembre 2007

Interwiew de l'Action Française 2000 accordée par Frédéric Rouvillois, professeur de droit public à l'université Paris V, auteur d'une Histoire de la politesse, (Flammarion).

Action Française 2000 : Chacun sent confusément que la galanterie occupe une place éminente dans l'édifice de la politesse, pouvez-vous en rendre les raisons claires et distinctes à nos lecteurs ?

Frédéric Rouvillois : Oui et non. Non d'abord, dans la mesure où la galanterie est définie de manière assez incertaine. Si, effectivement, on se limite à la question d'un certain type de rapport déférent entre homme et femme, à ce moment-là, la réponse peut devenir oui et balayer les autres acceptations du mot. Et oui parce que la politesse étant un ensemble de règles et de rites qui déterminent pratiquement la totalité des comportements sociaux des êtres humains, du début de la journée jusqu'au soir et du premier jour de la vie jusqu'au dernier, le rapport entre hommes et femmes devient évidemment l'une des pièces maîtresses, sinon la pièce maîtresse de l'économie de ce systéme.
D'ailleurs, le rapport homme-femme est un rapport fondamental qui dépasse même, disons, la sexualité implicite. C'est à dire que les petits garçons, à partir de neuf ou dix ans, ont des rapports avec leur mère qui ne sont pas ceux que peuvent avoir les petites filles. Ils ont des obligations spécifiques qui sont liées à leur sexe, et qui sont naturellement en dehors de tout rapport amoureux ou érotique, si lointain soit il. Par exemple, ils doivent prendre place, dans les rituels de politesse du XVIII ou du début du XIX, à un certain endroit dans la voiture, à table et ils doivent se comporter de telle ou telle manière. Des choses que leurs soeurs ne sont pas obligèes de faire. Et ce rapport entre l'homme et la femme qui naît finalement avant la sexualité, avant la possibilité d'un rapport amoureux, ne s'éteint jamais puisque parmi les régles de préséance par exemple, l'une des questions est : est-ce qu'un vieillard doit céder le pas à une dame, même très jeune, en vertu du la prééminence du beau-sexe ?

A.F. 2000 : La galanterie semble appartenir autant au domaine de la politesse qu'à celui de la séduction. Cette distinction vous semble-t-elle pertinente ?

F.R. : Les deux ne sont pas exclusifs d'autant plus que depuis toujours, en définitive, la politesse est considérée aussi comme un moyen de parvenir à ses fins, aussi bien sur un plan social que professionelle. Je pense, par exemple, au dévellopement d'un genre très particulier depuis quelques années : des manuels de savoir-vivre à l'usage des cadres supérieurs ou des hommes d'affaires. Mais parvenir à ses fins, ce peut-être bien sûr à des fins amoureuses, et le fait de jouer sur la politesse, le fait de jouer également de la politesse peut aussi être une arme assez acérée dans la séduction.

A.F. 2000 : Le féminisme s'est attaqué aux conditions de possibilité de la galanterie. Pourtant, [...] elle demeure vivante dans la société française. Comment expliquez-vous cette résistance ? 

F.R. : La meilleure explication est que le féminisme a manqué son coup. Il est en crise. Il s'est attaqué de manière frontale aux fondements de la galanterie et d'une manière plus générale aux fondements de la politesse. Dans mon livre je réponds à la question pour montrer que c'est une des anti-politesses contemporaines les plus vigoureuses, les plus construites - peut-être même la seule. Mais aussi bien dans l'attaque des fondements de la politesse que de la galanterie, on peut dire qu'il n'a pas fait long feu. Effectivement, il a une période faste qui commence avec Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir et qui s'achève à la fin des annèes soixante-dix avec les éructations du MLF, du Torchon brûle et d'autres journaux du même accabit. Finalement, depuis, il s'est stabilisé et est même largement en déclin. Bref, si la galanterie a résisté au féminisme, c'est sans doute qu'elle correspond à une réalité plus stable, plus fondamentale, des rapports sociaux entre hommes et femmes

A.F. 2000 : Certains ouvrages qui envisagent la politesse sous l'angle un peu austère des incivilités, comme ceux de Dominique Picard par exemple, font peu de place à la galanterie. Pourquoi selon vous ?

F.R : Dominique Picard, en tant que sociologue, envisage un aspect très particulier de la politesse, mais qui n'est pas toute la politesse. A travers la théorie des incivilités, on pourrait retomber aussi sur la question de la galanterie, car ce sont les femmes, à certains égards, les premières victimes des incivilités, autrement dit, de ce retour à un état de violence, de la loi de la jungle que, précisément, la politesse a pour fonction numéro un, sinon d'éradiquer, du moins de neutraliser. Et sur ce plan là, la galanterie est la première bénéficiaire de cette neutralisation  parce qu'elle n'existe pas lorsque les rapports entre hommes et femmes demeurent ou redeviennent des rapports de violence.

A.F. 2000 : Comme historien de la politesse, vous avez rassemblé un grand nombre de faits et de documents, pouvez vous nous dire quelle anecdote soit la plus belle, soit la plus significative qui vous vient à l'esprit au sujet de la galanterie ?

F.R. : Ce n'est pas une anecdote mais une régle qui me vient à l'esprit. C'est la régle qui manifeste de la manière la plus spectaculaire au XIX siècle, en particulier, la situation de reine - même si c'est une reine impuissante - de la femme par rapport à l'homme. Il s'agit du fait, nous disent les manuels de politesse, que, lorsqu'un officier de haut rang, un général par exemple, croise un sous lieutenant au bras de sa femme, c'est le général qui doit saluer le couple, autrement dit, il doit humilier sa superbe d'officier devant la suprématie morale, culturelle, sociale de la femme.

Propos recueillis par Stéphane Blanchonnet
Par Godefroy de Bouillon
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Jeudi 27 décembre 2007

Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux:
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,


Le ventre en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.


Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint;


Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.


Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.


Tout cela descendait, montait comme une vague
Ou s'élançait en pétillant
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.


Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.


Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.


Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.


- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion!


Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Apres les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.


Alors, ô ma beauté! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés!

Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire

Un poème à méditer

Par Godefroy de Bouillon
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Dimanche 20 janvier 2008

Aujourd'hui, 20 janvier, c'est la marche pour la vie à Paris. Ne pouvant y aller, je m'associe toutefois au mouvement en publiant une chanson des frères Martineau :

1 - Je n'vous avais rien demandé
Vous les deux apprentis sorciers
Qui avez joué à faire ma vie
Fragile étoile dans la nuit
Premier instant mon premier jour
Conçu de ce surcroit d'amour
Quand, l'un en l'autre vous donnant
M'avez permis d'etre un enfant
Et mon coeur si chaud si petit
A soudain explosé de vie
Dans ce ventre plein de lumière
Où mon silence s'est fait chair
 
Refrain 1
Je suis le fruit de vos entrailles
A l'aube de mon premier jour
Je suis l'épi de vos semailles
Et le plein chant de vos amours
Je ne suis pas un accident
Je ne suis pas un theorème
Que l'on rejette ou que l'on prend
Je suis le fruit de vos "je t'aime"
 
2 - Et loin des regards indiscrets
Tout doucement je grandissais
C'est tout ce que j'avais à faire
A l'abri des crocs de l'hiver
Je profitais dans mon enceinte
De vos amoureuses etreintes
Que se prodiguent les amants
Dès que monte en eux le printemps
Fort du miel de votre tendresse
Ivre du vin de vos caresses
Comment pouvais-je imaginer
Que sur un gouffre je dansais ?
 
3 - Je ne sais ce qui s'est passé
D'un seul coup tout a chaviré
Elle est venue en blouse blanche
Avec sa loi, avec sa science
La mort, la mort m'a arraché
Ecartelé, déchiqueté
Me précipitant dans l'oubli
Comme une honteuse maladie
Mais moi, pourtant je vous aimais
Je n'venais pas vous déranger
J'voulais juste être votre joie
Vous dire un jour : "Maman ! Papa !"
 
Dernier refrain :
J'étais le fruit de vos entrailles
Et je le resterai toujours
J'étais l'épi de vos semailles
Et le plein chant de vos amours
Et du Royaume des vivants
Ni accident, ni théorème
Je vous offre dès maintenant
Mon pardon et mes "je vous aime"
Par Godefroy de Bouillon
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Vendredi 8 février 2008

[...] L'homme est petit, dit-il, mais il remue le monde. Avez-vous vu parfois la mer, la grande mer en fureur ? Avez-vous vu les vagues hautes jeter follement leur écume à la face voilée du ciel ? Avez-vous entendu cette voix rauque et profonde, plus profonde et plus rauque que la voix du tonnerre lui-même ?  C'est immense, - immense ! rien ne résiste à cela, pas même le granit du rivage, qui s'affaisse de temps en temps, miné par le travail de sape du flot  ; je vous le dis et vous le savez : c'est immense ! Eh bien, il y a une planche qui flotte sur ce gouffre, une planche frêle qui tremble et qui gémit :  sur la planche qu'est-ce ? un être plus frêle encore qui paraît de loin moindre que l'oiseau noir du large, et l'oiseau a ses ailes : un être, un homme. Il ne tremble pas ; je ne sais quelle magique puissance est sous sa faiblesse, elle vient du Ciel, ou de l'Enfer. L'homme a dit (ce nain tout nu, sans serres, sans toison, sans ailes), l'homme a dit : "je veux" ; l'Océan est vaincu. [...]

Paul Féval, dans Le Bossu

Par Godefroy de Bouillon
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Jeudi 14 février 2008

L'apparition du réalisme puis du naturalisme fait apparaître un nouveau type de héros. Rappelons qu'un héros a deux aspects, qu'il convient de ne pas oublier. En premier lieu, le héros est un personnage exceptionelle, qui sort du commun. Il est très souvent porteur de valeurs fortes. Ensuite, plus secondaire, le héros est le personnage principale.
Le réalisme a très souvent tendance a faire un personnage ordinaire, pour que le lecteur puisse s'identifier à lui. Le personnage est ordinaire, il est donc médiocre (du latin mediocris, moyen). Ici apparaît le premier problème : un héros ne peut pas être médiocre, sauf en considérant uniquement l'aspect personnage principale qui est secondaire. Il y a donc dèja par là une perversion du héros, puisqu'il n'est plus porteur de valeurs fortes. 
Mais Emile Zola pousse la perversion du héros encore plus loin avec sa série des Rougon Macquart. On présente ici deux familles, une qui réussit et l'autre qui rate. Je ne dis rien pour celle qui fonctionne. Mais celle qui rate entraîne une perversion du héros encore plus conséquente. Il ne présente en effet que des héros ratés, débauchés. On pourrait parler d'anti héros si le terme n'était pas anachronique. C'est d'ailleurs bien là que réside le danger de la perversion. Ces héros n'ont d'autres caractéristiques propre au héros que celui d'être le personnage principale du roman. Pire, ils possédent de nombreux défauts et très peu de qualités, et ce n'est pas par celles-ci qu'ils se distinguent.
On peut toutefois apporter une modulation à tous ceci. En effet, Emile Zola ne prétendait pas faire des héros dans le sens strict du terme. Il voulait plutôt faire une peinture des différentes couches sociales, en insistant sur les plus basses. Cependant cela prête toujours à une confusion qui reste fâcheuse.

Aubert de P.

Par Godefroy de Bouillon
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Samedi 23 février 2008

Quand on a connu tout et le contraire de tout,
Quand on a beaucoup vécu et que l'on est au soir de sa vie,
On est tenté de ne rien dire,
Sachant qu'à chaque génération suffit sa peine ;
Sachant aussi que la recherche, le doute, les remises en cause
Font partie de la noblesse de l'existence.

Pourtant, je ne veux pas me dérober
Et à ce jeune interlocuteur, je répondrai ceci,
En me souvenant de ce qu'écrivait un auteur contemporain :
"Il ne faut pas s'installer dans sa vérité
et vouloir l'asséner comme une certitude,
mais savoir l'offrir en tremblant comme un mystére.".

A mon jeune interlocuteur,
Je dirai donc que nous vivons une époque difficile
Où les bases de ce que l'on appelait la Morale
Et que l'on appelle aujourd'hui l'Ethique,
Sont remises constamment en cause,
En particulier dans les domaines du don de la vie,
De la manipulation de la vie,
De l'interruption de la vie.

Dans ces domaines
De terribles questions nous attendent dans les décennies à venir.
Oui, nous vivons une époque difficile
Où l'indiviidualisme systématique,
Le profit à n'importe quel prix,
Le matérialisme,
L'emportent sur les forces de l'esprit.

Oui, nous vivons une époque difficile
Où il est toujours question de droit et jamais de devoir
Et où la responsabilité qui est l'once de tout destin,
Tend à être occultée.

Mais je dirai à mon jeune interlocuteur que malgré tout cela,
Il faut croire à la grandeur de l'aventure humaine.
La vie est un combat.
Le métier d'homme n'est pas facile.

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui se battent,
Il faut savoir,
Jusqu'au dernier jour,
Jusqu'à la dernière heure,
Rouler son propre rocher.

Il faut savoir
Que rien n'est sûr,
Que rien n'est facile,
Que rien n'est donné,
Que rien n'est gratuit.
Tout se conquiert, tout se mérite.
Si rien n'est sacrifié, rien n'est obtenu.

Je dirai à mon jeune interlocuteur
Que pour ma modeste part,
Je crois que la vie est un don de Dieu,
Et qu'il faut savoir découvrir au-delà de ce qui apparaît comme l'absurdité du monde,
Une signification à notre existence.

Je lui dirai
Qu'il faut savoir trouver à travers les difficultés et les épreuves,
Cette générosité,
Cette noblesse,
Cette miraculeuse et mystérieuse beauté éparse à travers le monde,
Qu'il faut savoir découvrir ces étoiles,
Qui nous guide où nous sommes plongés
Au plus profond de la nuit,
Et le tremblement sacré des choses invisibles.

Je lui dirai que tout homme est une exception,
Qu'il a sa propre dignité
Et qu'il faut respecter cette dignité
Je lui dirai
Qu'envers et contre tous
Il faut croire en son pays et en son avenir.

Enfin, je lui dirai
Que de toutes les vertus,
La plus importante, parce qu'elle est la motrice de toutes les autres
Et qu'elle est nécessaire à l'exercice de toutes les autres
De toutes les vertus,
La plus importante me paraît le courage, les courages
Et surtout celui dont on ne parle pas
Et qui consiste à être fidéle à ses rêves de jeunesse.

Et pratiquer ces courages,
C'est peut-être cela "L'Honneur de vivre".

Hélie de Saint Marc

Par Godefroy de Bouillon
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Vendredi 14 mars 2008
CYRANO (est secoué d'un grand frisson et se leve brusquement

Pas la! non! pas dans ce fauteuil! 

(On veut s'elancer vers lui

-- Ne me soutenez pas! -- Personne! 

(Il va s'adosser a l'arbre

Rien que l'arbre! 

(Silence

Elle vient. Je me sens deja botte de marbre,
--Gante de plomb! 

(Il se raidit

Oh! mais!. . .puisqu'elle est en chemin,
Je l'attendrai debout, 

(Il tire l'epée

et l'epée a la main!

LE BRET

Cyrano!

ROXANE
(defaillante

Cyrano!

Tous reculent epouvantes

  CYRANO

Je crois qu'elle regarde. . .
Qu'elle ose regarder mon nez, cette Camarde 

(Il leve son epée

Que dites-vous?. . .C'est inutile?. . .Je le sais!
Mais on ne se bat pas dans l'espoir du succes!
Non! non! c'est bien plus beau lorsque c'est inutile!
--Qu'est-ce que c'est que tous ceux-la?--Vous êtes mille?
Ah! je vous reconnais, tous mes vieux ennemis!
Le Mensonge ? 

(Il frappe de son epée le vide

Tiens, tiens! -- Ha! ha! les Compromis!
Les Préjugés, les Lâchetés!. . . 

(Il frappe

Que je pactise ?
Jamais, jamais! -- Ah ! te voila, toi, la Sottise!
-- Je sais bien qu'a la fin vous me mettrez à bas;
N'importe je me bats! je me bats! je me bats! 

(Il fait des moulinets immenses et s'arrête haletant

Oui, vous m'arrachez tout, le laurier et la rose!
Arrachez ! Il y a malgré vous quelque chose
Que j'emporte, et ce soir, quand j'entrerai chez Dieu,
Mon salut balaiera largement le seuil bleu,
Quelque chose que sans un pli, sans une tache,
J'emporte malgre vous, 

(Il s'elance l'epée haute

et c'est. . .

L'epée s'echappe de ses mains, il chancelle, tombe dans les bras de Le Bret et de Ragueneau

ROXANE (se penchant sur lui et lui baisant le front)
C'est?. . .

CYRANO (rouvre les yeux, la reconnait et dit en souriant)
Mon panache.

Rideau. 

Cyrano de Bergerac, dernière scéne, par Edmond Rostand

Par Godefroy de Bouillon
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