In nomine Patris, et in Filio, et in Spiritu Sanctu.
Ainsi débute une messe tridentine comme les autres, si tant est qu'une messe puisse être ordinaire. Mais celle du 23 septembre 2007 aura un goût désagréable de déja vu. Il est
prévu pour la fin de la messe une déclaration du vicaire général de Marseille, dans l'église de la Très Sainte Trinité, plus connu sous le nom de Paroisse de la Palud. Premier nuage dans un ciel
apparemment splendide.
Le glas de la déclaration sonne : "Ite missa est" chante le prêtre. Paradoxalement, les fidéles répondent "Deo gratias" (rendons grâce à Dieu). Puis le salve regina est entonné par
l'assemblée. Enfin, le vicaire général s'avance au micro pour faire sa déclaration, représentant de Monseigneur Pontier : suite au mauvais état de santé de l'Abbé Grégoire, curé de cette
paroisse, on lui enléve ce "fardeau" pour le confier à Monseigneur Ellul, lequel est chargé de trouver des prêtres pour célébrer la messe selon Jean XXIII. La présente messe sera désormais
célébrée à la Paroisse de Saint Charles.
Il convient ici, pour que nos lecteurs puissent comprendre, de faire un bréve historique de ce que je sais sur l'histoire du rite extraordinaire à Marseille, depuis la Paroisse de
Saint Joseph. Il y a dix ans, l'évêque de Marseille accepte de faire célébrer une messe selon le rite du Bienheureux Jean XXIII en l'église de Saint Joseph. Les catholiques traditionnels
marseillais se firent une joie d'y assister, et bientôt l'église, pourtant grande, fut pleine, et put bientôt s'enorgueillir d'une ribambelle d'enfants de choeur. Au bout d'un an, la jalousie
aidant, des bruits infamants circulérent sur le curé de la Paroisse. La société catholique de Marseille s'en émut, et la messe traditionnelle cessa d'être célébré du jour au lendemain. Le message
du vicaire général avait d'ailleur été clair : " de toute façon, vous n'avez qu'à aller au Tapis Vert (messe intégriste)". Moi, petit enfant à l'époque, je me souviens très bien de la foule
envahissant la sacristie pour essayer de comprendre ou pour protester contre le renvoi de ce pauvre curé. Les diverses manifestations ne servirent de rien. Les fidéles de l'ancienne messe sont
alors retournés chez les intégristes, ou ailleurs. Il y en eut même quelques uns, dégoutés de la façon dont on les avait traités qui n'allérent plus à la messe pendant longtemps.
Sept ans plus tard, les mêmes paroissiens obtinrent une nouvelle église et un nouveau prêtre, l'Abbé Grégoire. Dieu sait dans quel condition ! Dans un coin perdu de Marseille, dans
un coin d'une maison de retraite, dans une église méritant mieux le nom de chapelle. Enfin, c'était déja cela. Cependant l'Abbé Grégoire devait faire pour célébrer la messe un trajet très
conséquent. Au bout d'un certain temps (plus d'un an), on réussit à convaincre Monseigneur Panafieu de nous installer dans la Paroisse de la Palud. Petit à petit, la communauté s'installa,
s'agrandit, ramenant des intégristes, ramenant des catholiques non pratiquants. Elle s'organisa dans cette église, apprit à l'apprécier, bref, elle se l'appropria et finit par s'y sentir à
l'aise. Malgré le changement d'évêques, la communauté se sentait en sécurité avec le dernier motu proprio de Benoît XVI et croyait naïvement à une longue tranquillité. Hélas, un jour le tonnerra
gronda, et vous connaissait la suite.
Vous comprendrez donc aisément le désarroi et la colére des paroissiens à l'annonce de la chose, réalisant qu'une fois de plus, on les brimait, on les "baladait, on leur enlever
leur prêtre. Aussitôt, l'un d'entre nous (que je salue pour son excellent discours) se leva pour protester contre cette infamie, et ce d'une manière exemplaire. On peut comprendre que tout les
paroissiens ne furent pas comme lui, et en deux minutes tout les messieurs de la paroisse entourait le vicaire général de leurs questions, de leurs remarques, de leurs invectives. Il repartit
tête basse, sous le regard furieux et désapprobateur des paroissiens, une fois de plus déçu par l'évêque.
La suite, je ne la connais pas. Elle risque d'être triste. Ce que je sais, c'est qu'on nous a volé notre prêtre injustement, que les sectaires ne sont pas là où on le croit. En
effet, aucune brimade ne fut épargnés à nous, et à notre prêtre lequel était bien fatigué, mais fatigué par l'évéché et le traitement qu'il lui infliger.
Ceci n'est pas un réquisitoire contre les progressistes, ni une argumentation lefevriste, mais la plainte d'un catholique qui veut simplement adorer Dieu vivant en tranquillité
suivant la manière qu'il juge la meilleur.
Souvenez vous que ce que vous faîtes au plus petit d'entre les miens,
C'est à moi que que vous le ferez
Aubert de P.