Présentation

Samedi 16 février 2008

Le petit Jérome avait un bon niveau à la sortie de ses écoles, c'était un bosseur, un besogneux. Du middle office, il a été promu en 2005 au Front Office, avec un fixe inchangé, qui ne correspondait certainement pas à ceux des craques en diplômes, du même niveau.
Mais Jérome a marché à la carotte, 300 000 € de primes annuelles visées, pour 100 000 € de fixe ! 
Cela a bien fonctionné en 2006 et 2007, (1.5 milliards de gains !), jusqu'au 17 octobre 2007, où tous les indices de la planéte ont faits leurs plus hauts.
La dégradation est intervenue en Novembre, quand la Fed, lasse sans doute des critiques des autres, de la BCE en particulier et d'un Trichet qui risque de se retrouver lui aussi sur la sellette, n'a rien fait, le plan mis en place vendredi 18 janvier 2008 par les USA, devait l'être en novembre 2007.
Patatras, les compteurs se sont affolés, et tant que le petit Jérome tenait ses positions, les contrôleurs de la Soc-Gen n'ont rien vu (c'est facile de ne rien voir). On connaît, en petite partie, la suite, on voudrait nous cacher la grosse.
Ainsi les banques paient et poussent des centaines de brokers à faire la guerre des finances, sur les indices, les trackers ... Il n'y a pas qu'à la Soc-Gen, mais la Soc-Gen est en pointe, voir son site
http://www.clickoptions.com, accélarateur de performances ! 

Justement, où est après l'argent perdu ??

Quelques autres banques l'ont encaissé, et c'est ce qui augmente le scandale, car cet argent gagné dans un mauvais jeu, mal acquis, devrait être rendu, entre gens de bonne foi, les erreurs se réparent par la vraie volonté, argent mal acquis ne profite pas ...
Si ces grandes banques avaient une éthique, une morale, ils devraient annuler la partie, ce qui n'empêche pas que Jérome doit être sanctionné en proportion de son dérapage personnel, si quelqu'un peut et veut déterminer cette part personnelle.

Jérome se reconnaît coupable, mais sa hiérarchie pas responsable.

C'est le délire au pays de Machiavel, car les responsables hiérarchiques d'un coupable, sont eux-mêmes coupables et auraient dû traiter le problème en interne et ne pas distiller leurs propres carences, pour les dissimuler, croyant les noyer, en accusant à outrance un lampiste, un homme honnête en lui même, alors que Soc-Gen a toléré des dépassements ... Qui ont pris des proportions.
Donc il ne s'agit pas de faire sauter la Soc-Gen en tant que que telle, mais Bouton et ses 12 apôtres qui nous maltraitent en nous supposant tous des gogos, doivent quitter immédiatement les lieux, et les deux douzaines de cadres qui suivent doivent être passés au peigne fin.

La banque de France doit mettre sous curatelle la Soc-Gen.

Le plus cocasse c'est que la Soc-Gen attend une augmentation de capital de deux banques américaines, ces Amériques que l'on a tant vilipendé pour les Subprimes, qui ont servis d'épouvantail pour assommer les marchés des actions.
Il est fort ce Bouton : pot au rose découvert samedi 18, licenciement dimanche 20, solde les postions 21-22 (sans faire de dégât dixit), le 23 affirme que tout va bien à la Soc-Gen, que les actionnaires ne perdent pas d'argent (quid du dividende de 5.30 € ?), et le jeudi 24, ses directeurs régionaux appelaient les principaux clients pour leur annoncer l'arrivée de deux banques américaines, noms à l'appui !
Il serait bien de vérifier que ceux qui vont réinjecter 5 milliards d'euros ne soient pas les mêmes qui les ont gagné quand la Soc-Gen les a perdus !
Oui, c'est du délire au pays de Machiavel, et comme il en est ainsi dans toutes les banques, la Soc-Gen doit servir d'exemple, à ceux qui seraient tentés de continuer le déréglement continuel du marché des actions, qui sont sous-évalués et ne reflétent plus les performances des entreprises.
Rendez l'argent ; Mrs les PDG des banques soyez de bonne foi, ne profitez pas de la situation, et cessez d'émettre vous-mêmes des recommandations sur le marché des actions afin de manipuler les cours, qui rentrent dans les indices que vous jouez au casino entre vous. Il y a du délit d'initiés en permanence, il faudrait aussi faire le ménage à l'AMF qui ne voit rien, n'entend rien et ne trouve rien (on ne trouve que ce que l'on cherche).
[...]

Trouvé sur Internet

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Politique
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Jeudi 14 février 2008

L'on pourrait trouver des insuffisances à ce projet : le maintien d'une assemblée législative centralisée, alors que les maurrassiens souhaiteraient sa disparition au profit d'assemblées locales ou corporatistes, ou encore l'absence de rejet explicite de l'héritage révolutionnaire... Pourtant, n'oublions pas que la monarchie s'inscrit dans le long terme, elle est « la négation du césarisme », populisme éphémère et fondé sur les pulsions de la table rase. Le projet du Prince rendait la parole au pays réel et anéantissait le monopole des machines idéologiques que sont les partis.

En ce sens, cette monarchie nous semble souhaitable, même si elle ne nous semble pas aller assez loin : nul n'a pu prétendre que la monarchie serait le remède miracle qui ranimerait le spirituel dans l'esprit des Français, en finirait avec le cosmopolitisme ou l'immigration, rétablirait le patriotisme, restaurerait l'ordre... Nous ne sommes pas des charlatans qui promettons demain le paradis terrestre. L'expérience tirée de l'histoire nous permet simplement d'affirmer que la monarchie traditionnelle, qui donne la parole au pays réel, est l'outil le plus pertinent pour combattre les idéologies nihilistes, car le peuple, lorsqu'il est libre, sait se défendre. Le roi n'est alors que le rassembleur des Français et l'incarnation de la France dans le cœur des citoyens.

La contre-révolution est un travail de longue haleine, la monarchie seule nous permettra de le mener efficacement car la république est le terreau des idéologies alors que le roi est le socle du concret et du réel. « Après deux siècles de délires dialectiques, de haines mutuelles, la  France peut-elle redécouvrir le pouvoir du cœur ? » demande Xavier Walter. « C'est à cela que le comte de Paris convie ses compatriotes. Le roi est amour. » Et si la monarchie, se faisant aimer des Français, était le prélude nécessaire à un regain de l'amour des Français pour la France et, au final, pour eux-mêmes ? La république, fondée sur la haine du passé, guidée par la monologue idéologique des partis, ne peut conduire qu'à une longue chute nihiliste là où la monarchie, s'incarnant dans une histoire et un héritage, conduit nécessairement à les aimer.

Si le retour de la monarchie ne serait pas suffisant à lui seul, si le retour du roi ne signifierait pas la fin du combat nationaliste et contre-révolutionnaire, il apparaît cependant indispensable... pour que vive la France !

Stéphane Piolenc

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Royalisme
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Jeudi 14 février 2008

L'apparition du réalisme puis du naturalisme fait apparaître un nouveau type de héros. Rappelons qu'un héros a deux aspects, qu'il convient de ne pas oublier. En premier lieu, le héros est un personnage exceptionelle, qui sort du commun. Il est très souvent porteur de valeurs fortes. Ensuite, plus secondaire, le héros est le personnage principale.
Le réalisme a très souvent tendance a faire un personnage ordinaire, pour que le lecteur puisse s'identifier à lui. Le personnage est ordinaire, il est donc médiocre (du latin mediocris, moyen). Ici apparaît le premier problème : un héros ne peut pas être médiocre, sauf en considérant uniquement l'aspect personnage principale qui est secondaire. Il y a donc dèja par là une perversion du héros, puisqu'il n'est plus porteur de valeurs fortes. 
Mais Emile Zola pousse la perversion du héros encore plus loin avec sa série des Rougon Macquart. On présente ici deux familles, une qui réussit et l'autre qui rate. Je ne dis rien pour celle qui fonctionne. Mais celle qui rate entraîne une perversion du héros encore plus conséquente. Il ne présente en effet que des héros ratés, débauchés. On pourrait parler d'anti héros si le terme n'était pas anachronique. C'est d'ailleurs bien là que réside le danger de la perversion. Ces héros n'ont d'autres caractéristiques propre au héros que celui d'être le personnage principale du roman. Pire, ils possédent de nombreux défauts et très peu de qualités, et ce n'est pas par celles-ci qu'ils se distinguent.
On peut toutefois apporter une modulation à tous ceci. En effet, Emile Zola ne prétendait pas faire des héros dans le sens strict du terme. Il voulait plutôt faire une peinture des différentes couches sociales, en insistant sur les plus basses. Cependant cela prête toujours à une confusion qui reste fâcheuse.

Aubert de P.

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Culture
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Mercredi 13 février 2008

Le fondement de toute action politique, notamment lorsqu'elle vise au renversement des institutions en place, se doit nécessairement de présenter un contre-projet concret au système dont les paradigmes sont actuellement dominants. Feu le comte de Paris (1908-1999), héritier des rois de France, a proposé un projet en 1948 : une « esquisse d'une constitution monarchique et démocratique » qui a été rapportée et commentée par Xavier Walter dans son ouvrage Un roi pour la France

Délégués du peuple

Le projet constitutionnel dispose que « les délégués du peuple sont élus au suffrage universel [...] au scrutin majoritaire uninominal à un tour ». Chaque délégué étant élu sur une petite circonscription, il est en contact direct avec les intérêts locaux et concrets des citoyens qu'il représente. Tout risque de voir des partis se former parmi les délégués du peuple est brisé par l'impossibilité qui leur est faite de se réunir en assemblée : ainsi ne peuvent-ils pas se constituer en groupes politiques et ne représentent-ils pas les intérêts de partis mais uniquement ceux des citoyens qui les ont élus. 
La fonction des délégués du peuple est ainsi primordiale dans ce nouveau système. Là est l'innovation majeure du comte de Paris : tout d'abord, dans le cas où le gouvernement du roi serait censuré par l'Assemblée nationale, cette dernière serait dissoute si les délégués du peuple apportaient leur soutien au gouvernement. De même, si le Grand Conseil en décide ainsi et que le roi ne s'y oppose pas, une loi votée par l'Assemblée peut être soumise « au référendum des délégués du peuple ».
Le projet casse ainsi la fiction idéologique selon laquelle l'Assemblée législative est la nation et se substitue à elle selon la mystique républicaine : l'Assemblée peut désormais être dissoute si les intérêts qu'elle défend sont contraires aux aspirations de la nation, les délégués du peuple peuvent aussi se substituer à elle par le référendum. Il y a, ainsi, un retournement paradigmatique impressionnant, orienté vers le réel et la représentation d'intérêts concrets contre les dérives du système partisan. 
La mission des délégués du peuple ne s'arrête pas ici : « Les délégués du peuple, expliquait le comte de Paris, auraient pour triple mission d'informer les pouvoirs publics des critiques et des volontés réelles de l'ensemble des citoyens, d'examiner les questions qui seraient soumises à leur appréciation et de sensibiliser les citoyens aux affaires publiques [...] Un débat permanent naîtrait de façon spontanée, et les consultations régulières des délégués du peuple susciteraient entre le pouvoir politique et la population un échange constant d'idées et de propositions [...] Pour éviter tout risque de sclérose, le mandat des délégués ne sera pas renouvelable. »
L'on dispose ici d'éléments concrets de réponse à ceux qui, ignorants des traditions de la monarchie française, imaginent que la restauration de la royauté signifierait la fin de l'action civique des citoyens : bien au contraire, il s'agit ici de rendre la parole à la nation française, parole qui est, en république, confisquée par les partis politiques.

Grand Conseil

Le deuxième organe imaginé par le comte de Paris était le Grand Conseil, « composé de trente membres environ [...] désignés, partie par le roi, partie par les délégués du peuple et l'Assemblée, partie par les grands corps de la nation ». Leur tâche peut être résumée comme la mission de garantir une cohérence et une recherche du long terme dans la politique de l'État. Le Grand Conseil, en effet, est l'organe qui saisira les délégués du peuple s'il n'approuve pas la démission du président du Conseil (c'était le titre que portait le Premier ministre sous la IVe République) en cas de mise en minorité de ce dernier sur la question de confiance posée à l'Assemblée, procédure pouvant aboutir à la dissolution de celle-ci.
Le Grand Conseil est l'exact pendant des délégués du peuple : alors que ces derniers sont placés près du peuple, le Grand Conseil est placé près de l'État. Il est un organisme « qui, par sa structure et sa composition [est] l'interprète autorisé, indiscutable des intérêts permanents du pays ». Ce Grand Conseil est en quelque sorte le "conseil des sages" de la République. Il est composé de hautes personnalités : anciens dignitaires et fonctionnaires, anciens membres des assemblées, magistrats anciens ou actuels, membres de l'Armée, de la Marine, des clergés des cultes reconnus... Ces membres sont inamovibles.
Le Grand Conseil a l'initiative de la saisine des délégués du peuple lorsqu'il s'agit d'approuver ou non la mise en minorité du gouvernement ou d'accepter ou refuser une loi votée par l'Assemblée. Sa mission est donc de défendre les intérêts fondamentaux du pays contre les humeurs de l'Assemblée composée de partis.

Le roi

En conclusion du projet, il y a le roi qui « symbolise la patrie dans sa permanence et sa durée, il est, à ce titre [...] l'arbitre, le justicier ainsi que le fondement de l'autorité et du pouvoir ». La légitimité du monarque est historique : elle est issue de la tradition dynastique ontologiquement mêlée à l'histoire de la nation française. 
Les pouvoirs du roi sont limités : il intervient essentiellement en cas de conflits ou de blocage dans les institutions. Le comte de Paris justifie cette position : « Si certains [...] critiquent l'insuffisance de ses pouvoirs politiques, qu'ils n'oublient pas ceci : la dynastie a le temps pour elle et le monarque, s'il  veut être l'arbitre en même temps que le garant des libertés, ne peut pas gouverner. » Le concept est ainsi clair et pertinent : le roi n'est pas un Führer ni un Duce, il est le lien entre le passé, le présent et le futur, il inscrit l'action politique dans la stabilité et le long terme mais il ne se mêle pas ou peu des affaires internes car cela impliquerait nécessairement pour le roi de prendre parti alors qu'il ne doit être que le fédérateur des Français dans l'aventure commune qu'est la France.
En conséquence, le roi est indépendant des partis : « Indépendant des clans, le roi se tient en dehors d'eux, les arbitre et ne prend jamais part aux luttes qui dressent les citoyens les uns contre les autres. » Et c'est bien cela le rôle essentiel du roi. Quand bien même les fonctions que lui attribue ou la constitution ou la coutume lui permettraient de nommer le gouvernement ou de s'opposer à tel ou tel organe, la mission première du roi est d'être le roi de tous les Français qui, en lui, voient le représentant de la nation, représentant historique et mystique. Représentant car héritier d'une dynastie intrinsèquement liée à l'histoire de la patrie. 
C'est ainsi que le roi ne peut et ne doit appartenir au camp des contre-révolutionnaires, avec lesquels feu le comte de Paris marquait ses distances. Devant être  le souverain de tous, il ne peut appartenir à un camp. Le roi n'est ni de droite ni de gauche, ni libéral ni socialiste, ni réactionnaire ni progressiste : le roi est le roi. Il est, cela suffit, c'est tout ce que la nation lui demande.

Stéphane Piolenc

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Royalisme
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Lundi 11 février 2008

Un grand fléau de notre XXI siècle est l'individualisme toujours plus croissant. Plusieurs facteur sont généralement mis en avant. C'est ainsi que je mettrai ici en cause les deux grande idéologies des deux siècles derniers  : le libéralisme et le socialisme.
Je juge en premier lieu le libéralisme responsable en partie de l'individualisme. Une des théories fondamentales d'Adam Smith est de dire que l'homme chercher naturellement son profit. Ce qui conduirait à un équilibre du marché, les acteurs s'autorégulant suivant la recherche de leur propre profit. La question est ici de savoir si ce postulat est vrai. Dans une certaine mesure, oui. Mais l'homme ne cherche pas uniquement son intérêt, il fait parfois des actes gratuits. Il semblerait que ce soit le libéralisme qui pousse l'homme à chercher toujours plus son intérêt, et non l'homme cherchant toujours son intérêt qui pousse au libéralisme. On observe en effet dans les pays libéraux un individualisme qui va croissant contrairement aux pays dis primitifs, qui ne fonctionne ni sur une économie libérale ni sur une économie socialiste. Ce qui pousse à conclure que le le libéralisme est un facteur important.
Je juge en second lieu le socialisme tout aussi responsable de l'individualisme. C'est ici par une voie de conséquence plus rapide. Une des applications du socialisme est l'intervention très fréquente voire permanente de l'Etat dans l'économie. Cela déresponsabilise l'individu qui a désormais l'excuse que l'Etat s'occupe de tout, que s'il y a une faute, elle vient de l'Etat, que s'il y a un problème, il sera réglé par l'Etat. Même si cet état d'esprit n'est pas forcément conscient, il n'en est pas moins plus ou moins réelle. Par ce biais, l'individu se recentre sur lui même, ce qui conduit à l'individualisme.
Ce qui nous permet de penser, à tort ou à raison (mais plutôt à raison), que le libéralisme et le socialisme sont en partie responsable de l'individualisme.

Aubert de P.

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Politique
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Dimanche 10 février 2008

La mesure de l'humanité se détermine essentiellement dans son rapport à la souffrance et à celui qui souffre. Cela vaut pour chacun comme pour la société. Une société qui ne réussit pas à accepter les souffrants et qui n'est pas capable de contribuer, par la compassion, à faire en sorte que la souffrance soit partagée et portée aussi intérieurement est une société cruelle et inhumaine.

Cependant, la société ne peut accepter les souffrants et les soutenir dans leur souffrance, si chacun n'est pas lui-même capable de cela et, d'autre part, chacun ne peut accepter la souffrance de l'autre si lui-même personnellement ne réussit pas à trouver un sens à la souffrance, un chemin de purification et de maturation, un chemin d'espérance. Accepter l'autre qui souffre signifie, en effet, assumer en quelque manière sa souffrance, de façon qu'elle devienne aussi la mienne. Mais parce que maintenant elle est devenue souffrance partagée, dans laquelle il y a la présence d'un autre,cette souffrance est pénétrée par la lumière de l'amour. La parole latine
con- solatio, consolation, l'exprime de manière très belle, suggérant un être-avec dans la solitude, qui alors n'est plus solitude.

Ou encore la capacité d'accepter la souffrance par amour du bien, de la vérité et de la justice est constitutive de la mesure de l'humanité, parce que si, en définitive, mon bien-être, mon intégrité sont plus importants que la vérité et la justice, alors la domination du plus fort l'emporte; alors règnent la violence et le mensonge. La vérité et la justice doivent être au-dessus de mon confort et de mon intégrité physique, autrement ma vie elle-même devient mensonge. Et enfin, le « oui » à l'amour est aussi source de souffrance, parce que l'amour exige toujours de sortir de mon moi, où je me laisse émonder et blesser. L'amour ne peut nullement exister sans ce renoncement qui m'est aussi douloureux à moi-même, autrement il devient pur égoïsme et, de ce fait, il s'annule lui- même comme tel.

Benoit XVI dans Spe Salvi

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Religion
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Vendredi 8 février 2008

[...] L'homme est petit, dit-il, mais il remue le monde. Avez-vous vu parfois la mer, la grande mer en fureur ? Avez-vous vu les vagues hautes jeter follement leur écume à la face voilée du ciel ? Avez-vous entendu cette voix rauque et profonde, plus profonde et plus rauque que la voix du tonnerre lui-même ?  C'est immense, - immense ! rien ne résiste à cela, pas même le granit du rivage, qui s'affaisse de temps en temps, miné par le travail de sape du flot  ; je vous le dis et vous le savez : c'est immense ! Eh bien, il y a une planche qui flotte sur ce gouffre, une planche frêle qui tremble et qui gémit :  sur la planche qu'est-ce ? un être plus frêle encore qui paraît de loin moindre que l'oiseau noir du large, et l'oiseau a ses ailes : un être, un homme. Il ne tremble pas ; je ne sais quelle magique puissance est sous sa faiblesse, elle vient du Ciel, ou de l'Enfer. L'homme a dit (ce nain tout nu, sans serres, sans toison, sans ailes), l'homme a dit : "je veux" ; l'Océan est vaincu. [...]

Paul Féval, dans Le Bossu

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Culture
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Jeudi 7 février 2008

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L’Europe qui nous est proposée correspond-elle aux vœux des Français et des peuples européens ? Répond-elle, dans son projet, aux aspirations d’une jeunesse en quête de sens ? J’ai beaucoup voyagé, depuis dix ans, en France comme en Europe. Pas comme un homme politique qui brigue un mandat, mais comme un citoyen attentif à la vie de ses compatriotes et soucieux du destin de la France et de ce continent. J’ai pris le temps d’écouter et je sais – parce que nous en avons parlé ensemble – que beaucoup de Français ne comprennent pas où l’on veut les conduire. Cette incompréhension crée de l’inquiétude dans le pays et du désarroi dans la jeunesse. La France ne s’ennuie pas, elle s’inquiète.

Les Français ont tenté de le dire, quand on le leur a permis. En 2005, ils ont refusé, par référendum, le traité constitutionnel qui leur était soumis. Cette fois, ils ne pourront pas se prononcer sur un texte qui reprend pourtant l’essentiel des dispositions qu’ils avaient rejetées. Le traité de Lisbonne prévoit la désignation d’un président de l’Union européenne et celle d’un vice-président chargé des Affaires étrangères. Il étend les compétences de l’Union dans de nombreux domaines, au détriment de celles des États. Il assure la prééminence du droit européen sur les droits des pays. Il confirme l’extension de la règle de la majorité qualifiée. On nous présente un projet politique qui se résume à de l’ingénierie administrative. Même si les références à l’hymne et au drapeau européens ont été gommées dans cette nouvelle version, et bien que le mot n’y figure plus, il s’agit pourtant d’une Constitution, qui s’appliquera au peuple français sans qu’on l’ait consulté – comme souvent, s’agissant de l’Europe. Mais comment rendre espoir aux Français si l’on se défie d’eux ? Comment rendre à la France son rang dans le monde si l’on contraint sa souveraineté par un traité tatillon ? Comment rendre confiance aux jeunes Européens si l’on bâtit une Europe sans âme, dans le mépris de son patrimoine spirituel ?

J’ai 42 ans. J’en avais 13 quand Jean-Paul II est devenu pape. J’appartiens à la génération de ces jeunes qui ont vécu au rythme de ce pape des temps modernes. Nous l’avons vu précipiter la chute de l’Union soviétique, par la force de ses paroles et de son action. Cet empire, que l’on croyait inébranlable, était construit sur une utopie. La bureaucratie qui le gouvernait méprisait les exigences humaines et spirituelles. Elle promettait aux hommes un bonheur matériel qui ne remplacera jamais leurs aspirations profondes. Elle les contraignait à l’adoration d’idoles, qu’ils ont déboulonnées dès qu’ils l’ont pu. L’Union soviétique était fondée sur un mensonge, au moins par omission des racines culturelles des peuples qu’elle a voulu soumettre à ses lois.

Parce que je suis attaché à l’Europe, comme la majorité des jeunes et des gens de ma génération, je souhaite qu’elle soit préservée de cette périlleuse présomption. L’Union ignore trop souvent la culture et les richesses des pays qu’elle veut rassembler. Bien qu’elle ne soit responsable devant personne, la Cour de justice impose aux États sa jurisprudence. Le droit européen consacre le pouvoir d’une technocratie qui veut régler la vie des peuples dans ses moindres détails. Or, le pape actuel, Benoît XVI, l’a rappelé l’an dernier avec force : « On ne peut pas penser construire une vraie maison commune en négligeant l’identité propre des peuples de notre continent ». Et cette identité est « constituée de valeurs que le christianisme a aidé à forger ».

Cette évidence historique n’a pas convaincu les rédacteurs de la charte des droits fondamentaux, annexée au traité. Nulle référence, dans ce texte, aux racines chrétiennes de notre Europe, bien que l’Union se dise « consciente de son patrimoine spirituel et moral » : la formule est assez vague pour autoriser toutes les interprétations. Il suffit, d’ailleurs, de la lire pour le comprendre : l’inspiration de cette charte est foncièrement individualiste. Elle dissout les solidarités et les communautés naturelles, comme le traité soumis au Parlement français dissout les nations européennes. Croit-on vraiment que ce soit ce que souhaitent les jeunes Européens ? Si nous voulons qu’elle résiste aux tempêtes, il nous faudra fonder l’Europe sur quelque chose de plus solide. Non sur l’utopie, mais sur la Vérité. 

Par Jean d’Orléans, Duc de Vendôme

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Europe
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Dimanche 27 janvier 2008

La presse écrite utilise des faits pour délivrer une opinion sur l'euthanasie. Nous analyserons les différentes manières qu'elle utilise pour appuyer tel ou tel opinion, pour déprécier tel ou tel argument.

Cela passe évidemment par la narration d'un "fait divers". Le choix de ce fait divers n'est pas toujours neutre. Pourquoi mettre en effet un article relatant l'euthanasie d'un tétraplégique plutôt qu'un autre racontant la dureté de la vie d'un SDF ? Bien sûr, si une affaire de l'ampleur de celle de Vincent Humbert monte sur la scéne médiatique, tous les journaux seront obligé d'en parler. Mais cela n'empéche pas de faire le choix de relater ou non un "petit" euthanasie qui a eu lieu, suivant s'il va ou pas dans la position du journal sur ce sujet. Ainsi, un article du Figaro (1) fait état de la présence sur l'Internet de deux manifestes, l'un pour l'euthanasie, et l'autre contre sa légalisation. La journaliste, en bonne analyste, met en relation deux faits liés (l'un est fait en réaction de l'autre) avec un troisième fait : un procés ayant lieu en Dordogne. Selon elle, la publication de ces manifestes est de faire pression sur le procés. Elle précise ensuite dans une phrase un fait, appuyant de manière efficace son point de vue : "dans un contexte particulier, puisque la compagne du fils de la malade était la soeur du médecin qui a prescrit l'injection ... " - Notons au passage les points de supension qui font tenir le sous-entendus -
Le choix du "dire ou ne pas dire" se retrouve parfois à travers l'énoncé des faits eux-mêmes. Ainsi dans le procés cité plus haut. Il s'agit d'un docteur  et d'une infirmière ayant euthanasié une femme de 65 ans en phase terminale avec une injection de chlorure de potassium. Comme nous l'avons dis précédemment, un premier manifeste pour l'euthanasie avait précédé un deuxième manifeste contre l'euthanasie, probablement tout deux pour faire pression sur le procés. L'article du Figaro cité plus haut précise qu'il y a deux manifestes. Or, Le Point (2) relatant l'euthanasie, le procés, le verdict, et le manifeste, ne précise que de façon flou qu'il y a eu un contre manifeste : "Tout au long du procés, précédé par un appel public de 2134 soignants en ce sens, les partisans d'une telle réforme ont affronté sur fond de campagne présidentielle les adversaires de l'euthanasie". - Notons au passage le nombre de signataire noté en chiffres pour attirer l'attention - . Nous trouvons de plus un article de La Provence (3), publié le même jour que l'article précité du Figaro, qui met lui aussi en relation le manifeste avec le procés de Périgueux. Lui aussi insiste de la même manière que La Provence sur le chiffre de signataire. ll ne précise par contre à aucun moment qu'il y a eu un contre manifeste. A travers l'exemple des ces trois articles, nous pouvons affirmer qu'un choix est fait pour appuyer une argumentation ou une prise de position à travers la narration d'un fait.

Aubert de P.

1 Martine Perez, 9/03/2007
2 16/03/2007
3 Catherine Estéve 9/03/2007

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Politique
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Mercredi 23 janvier 2008

"Pas de liberté pour les ennemis de la liberté". Cette phrase lancée par une révolutionnaire concerne la contre révolution. Elle contient en elle-même la limite de la démocratie. Doit-on donner la liberté à ceux qui sont contre elle ? Doit-on donner la liberté à ceux qui veulent profiter de la démocratie pour la mettre à bas ? La question est d'autant plus difficile que cette notion ne figure que peu ou prou dans la Déclaration des Droits de l'Homme. 

Deux réponses sont possibles. L'une suit cette affirmation. Elle consiste à dénigrer tous les opposants à la liberté, dans le langage du révolutionnaire, tous les opposants à la démocratie. La démocratie s'enferme dans cette phrase.  On est libre, uniquement si on suit le régime, uniquement si on avait avec lui. Voilà qui est commode. On retombe dans le même principe du totalitarisme, qui ne donne la liberté que à ses serviteurs. Mais en plus vicieux. Car on a la liberté que dans la mesure où l'on est sûr que vous ne l'utiliserez pas "à mauvais escient". C'est en quelque sorte un emprisonnement dans la liberté. On est livre quand on est un désert. Mais on ne peut rien y faire. Dans cette affirmation, on est presque libre ...  de ne rien faire. La démocratie accepte de fonctionner uniquement pour les démocrates, de la même manière que le communisme ne voulait fonctionner que pour les communistes, le national socialisme aux nazis.

La deuxième réponse consiste à nier cette formule. Elle est plus logique, car elle suit la lignée de la démocratie. Ell est son acceptation avec ses conséquences. On donne la liberté, même à ses ennemis qui sont en principe détruit par cette liberté ambiante. Dommage que si peu de révolutionnaires français aient été démocrates. Le monde a vus ce que les peuples peuvent choisir quand on leur en donne le choix. C'est ainsi qu'Hitler arriva au pouvoir. Nous dirons plus bas quel est la raison d'un tel égarement. On a liberté de choisir. Mais de choisir quoi, comment et pourquoi ? La liberté de s'autodétruire. La démocratie fait le pari (risqué) que le peuple a toujours raison. Mais il est facile de manipuler des foules. C'est pourquoi elle marche toujours mieux à petite échelle, car les effets d'une politique sont directement visible, et il est difficilement possible de cacher ses effets négatifs. J'en donne pour exemple les mairies, dont les maires sont choisis en fonction du travail et pas du parti, a contrario de l'élection présidentielle. En effet, un bon maire communiste a plus de chance de remporter des municipales, alors que le même n'aura que peu de chances pour une présidentielle.

Le dilemne de la démocratie est poussé à son paroxysme avec le terrorisme, et il est apparru clairement lors de la guerre d'Algérie. Le terrorisme est en effet tel qu'il exige des moyens extraordinaire pour faire parler les suspects, moyen que l'on utilisera pas contre un criminel de droit commun. Elle hésite donc entre faire respecter l'ordre avec les moyens habituels, respectant son principe, moyens qui risque d'être inefficace car le terrorisme est souvent fanatique. Ou alors, elle sort les grands moyens, mais ne respecte pas son principe. En simplifiant, se faire avoir ou être un escroc. 

La question reste à trancher. Il reste qu'une seule personne est toujours plus à même de juger qu'ne foule. Car la foule sent et ne voit pas. Tandis qu'une seule personne sent et voit. Mais pour voir, il faut qu'elle soit détaché de la foule, qu'elle ne subisse pas son influence, sa pression. Voilà qui devrait rappeller quelque chose à quelques uns ...

Aubert de P.

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Royalisme
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