Présentation

Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /Jan /2010 17:13

Reprenons, la définition : doctrine qui prend pour principe de la morale la recherche du plaisir et l'évitement de la souffrance. L'hédonisme,c'est donc la recherche du plaisir que rien ne vient entraver. Précisons, au regard de ce que vive et font les hédonistes : il s'agit d'une recherche du plaisir matériel. Vivre l'hédonisme, ce serait donc rechercher d'abord et avant tout le plaisir.
Pratiqué par les personnes riches, puisque étant les seuls à pouvoir se payer le luxe de la recherche primordiale du profit, on voit rapidement que l'hédonisme aboutira presque immédiatement à la consommation facile. J'achéte, je consomme. J'achéte, je consomme. Le fonctionnement est lemême quel que soit la denrée, c'est juste la valeur avec laquelle je l'achéte qui change.
Rappelons le, le seul horizon commun des hommes, c'est la mort. Après elle, deux hypothéses : le néant, la vie après la mort. L'hédonisme consomme la vie pour la vie, le plaisir pour le plaisir. Le plaisir est vu ici comme une fin et non pas comme un moyen, puisqu'il est premier.Choisissant de ne pas préparer une éventuelle vie future, l'hédoniste a choisi la première hypothése : après la vie, le néant. Il admet donc in fine que la mort est inéluctable, qu'elle est irrémédiablement au bout de son hédonisme.
Pire, cherchant uniquement le plaisir, l'hédoniste ne se soucie du bien et du mal, que dans la mesure où sa conscience peut venir déranger sonplaisir. Pariant sur le néant après la mort, l'hédoniste fait une croix sur une éventuelle vie heureuse après la mort. C'est donc que si cette
hypothése de néant s'avère fausse, l'hédoniste se retrouve tout de même confronté à la mort, puisque sa vie n'aura pas été vertueuse.C'est pourquoi, nous pouvons conclure que l'hédonisme, c'est la mort.

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Religion
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Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /Jan /2010 16:59

 

Conférence de Yves Naudet sur La Charité dans la Vérité

 

Il s'agit d'un texte philosophique, économique, théologique, écologique. C'est aussi un tout cohérent. C'est une encyclique durable, sans l'obsession du court terme. Elle repose sur la charité et sur la vérité.

 

I Les Principes

 

L'amour dans la vérité. Benoit XVI veut prendre de la hauteur pour mieux aller au concret. Le centre de la Doctrine Sociale de l'Eglise est l'homme, dans l'amour dans la vérité. Il n'y a qu'une Doctrine Sociale de l'Eglise, cohérente et toujours nouvelle. La Doctrine Sociale de l'Eglise éclaire d'une même lumière des problèmes toujours nouveaux.

La présente encyclique s'adresse à tous. La Doctrine Sociale de l'Eglise est une vérité de la foi et de la raison. Mieux, il montre leur compatibilité. La Doctrine Sociale de l'Eglise n'est pas une idéologie, ni même une troisième voie. Ceux qui cherchent la victoire d'une idée se trompent. C'est une analyse de la société. Elle cherche à faire progresser l'homme. C'est pour cela que toute situation est critiquée. La Doctrine Sociale de l'Eglise ne se limite pas à l'économie. Benoit XVI affirme que la question sociale est anthropologique, sur la façon dont on traite l'homme. Tout ce qui concerne l'homme concerne la Doctrine Sociale de l'Eglise. Ainsi, c'est l'éthique qui doit être première.

 

II Une leçon d'éthique

 

Il se place dans le long terme. La crise actuelle a largement été causé par la recherche du court terme. Benoit XVI se place dans ce qui est durable. L'homme est toujours le même.

L'Eglise n'offre pas de solutions techniques. Elle dit ce qui est compatible avec la dignité de l'homme, offre des voies. Elle explique qu'on ne peut pas comprendre l'économie si on ne prend pas en compte le péché originel. L'homme est pêcheur. Il ne faut pas oublier la réalité du péché. Lorsque la confiance est réciproque et générale, le marché économique fonctionne très bien. C'est l'instrument le plus approprié. Il ne faut léser aucune des deux partis lors d'un échange. D'où l'importance de la justice distributive. Mais le marché ne produit pas la cohésion sociale dont il a besoin pour fonctionner. C'est le manque de confiance qui fait la crise. Il n'y a pas de marché sans confiance. Le marché peut donc être négatif. Surtout, il n'existe pas à l'état pur. Le marché est un instrument et l'homme peut le pervertir à ce titre.

Le profit n'est pas condamnée en soi. Il a un rôle pertinent. Il est utile si c'est un moyen vers un but qui lui donne un caractère relatif autant par sa création que son utilisation. La concurrence évite que le profit devienne une rente. Les conditions économiques sont nécessaires et non suffisantes. Prostituer des enfants fait aussi du profit. Rendre un service qui fasse grandir l'homme et respecte la dignité. Saint Thomas d'Aquin disait déjà que la loi ne peut réprimer tout le mal du monde.

Il dénonce la recherche du profit à cour terme, au lieu du développement à long terme. La grande entreprise à capital dispersé a tendance à perdre cette recherche du long terme. Celui qui a bien géré doit de plus avoir la décence de se comporter avec dignité. Il faut faire en sorte que chaque salarié se sente autonome, impliqué et responsable. C'est une règle de bonne gestion et d'éthique. Et l'éthique est une condition de long terme de réussite.

La responsabilité sociale de l'entreprise est aussi importante. Tenir compte de tout ceux qui participent à l'entreprise est nécessaire. Le courant général est parfois éloigné de la véritable éthique. Qu'est-ce que l'éthique ? C'est une éthique de la personne toutefois il est bon d'utiliser un caractère de discernement […] ce qui se fonde sur la création de l'homme à sa dignité de Dieu. Il y a une vraie éthique : celle qui respecte la dignité de l'homme et la création de Dieu.

 

 

III Développement intégral

 

A.) Mondialisation

 

C'est un phénomène majeur. Le monde est sur la voie de la mondialisation progressive et général. Le risque est une interdépendance toujours plus grande à laquelle ne correspondrait pas la solidarité, la fraternité.

Le protectionnisme face au libre-échange ? De façon fragile, de nombreuses régions se sont développés et d'autres pas. Benoit XVI fait un seul constat : les tarifs douaniers élevés empêchent le développement.

La migration et le défi en résultant ? Les personnes humaines ne sont pas des marchandises et ont des droits. La réalité d'une humanité interconnecté s'impose. La mondialisation sera ce qu'on en fait. Mais s'y opposer aveuglément serait une erreur.

Benoit XVI propose la subsidiarité fiscale : les citoyens décident de la destination de leurs impôts.

Acheter est un acte économique, mais aussi morale. Il faut donc faire attention. La finance doit revenir un instrument pour produire de la richesse.

 

B.) Le marché, l'Etat et la société

 

La vie économique nécessite des contrats. L'Etat fournit la loi, la société civile le don. Ce dernier pilier est essentielle. Il est le corps intermédiaire du XX siècle, la personnalité de la société. Introduisant le don, la société civile prive le monopole de l'Etat et du marché en faisant la synthèse : elle introduit la liberté qui manque à l'Etat et le désintéressement qui manque au marché.

Comment instaurer le don et la gratuité, non seulement dans la société civile, mais aussi dans l'Etat et le marché ? Benoit XVI ne fournit que des pistes de réflexion.

 

C.) L'homme ne vit pas seulement de pain

 

Le développement humain doit être intégral. Il n'est pas seulement une question matériel. Il s'agit de l'homme tout entier. Par exemple, la question de l'environnement, donné à tous, dont l'usage engage la responsabilité. Mais il peut user de la nature pour satisfaire ses besoins. C'est l'homme qui est premier.

L'homme a besoin de pain, mais son horizon ne s'y arrête pas. La Doctrine Sociale de l'Eglise vise l'homme tout entier. Parler du respect de la vie, c'est déjà être en elle. La question sociale est une question anthropologique.

Il faut y ajouter la dimension transcendantal de la personne : sa spiritualité. La développement humain n'a lieu que si l'homme est libre. Seul un homme libre peut aimer. Et seul la vérité rend libre. Nous avons donc besoin d'amour dans la vérité.

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Religion
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Samedi 9 janvier 2010 6 09 /01 /Jan /2010 17:57
 

Possibilité et interdiction

 

Dire que l'homme est libre, ce serait dire que l'homme peut faire absolument tout ce qu'il veut. Cette proposition acceptée comme vrai rendrait, par exemple, vrai l'idée que l'homme peut voler. Or l'homme ne peut pas voler. C'est donc que l'homme n'est pas libre. En revanche, l'homme a toujours le choix. Admettons la situation d'un homme enfermé dans une boîte sans aucun mouvement possible. Cet homme aurait encore le choix entre se laisser aller ou réfléchir au moyen de résister, ou encore prier. Il sera donc plus juste de parler de libre-arbitre. Le libre-arbitre donne la liberté à l'homme dans le champ de ses possibles.

L'homme possède le libre-arbitre. Il a toujours le choix entre une action et une autre. Et s'il n'y a aucune interdiction, le champ des possibles de l'homme sera immense. La seule limitation de l'homme sera donc les choix que la nature lui donnera. Mais si l'interdiction provient du droit, elle viendra restreindre encore les choix que la nature donne. C'est donc que l'interdiction du droit n'est pas naturel.

Cependant, il est évident qu'il faut un droit, puisque les actions humaines peuvent être tour à tour bonne et mauvaises.

Le droit peut procéder par interdiction ou par possibilité. La différence peut paraître infime, mais elle est en vérité lourde de sens. Dire « tu peux » ou au contraire, « tu ne dois pas », les implications sont fortes et ont des conséquences.

Au premier abord, les deux formules semblent ambivalentes. Le droit possibilité affirme « tu peux faire ceci et cela ». Il donne la liberté. Le droit interdiction affirme « tu ne dois pas faire ceci et cela ». Il prive d'une liberté. Ainsi, le droit possibilité donne une liberté et le droit interdiction prive d'une liberté. Dès lors, une nuance apparaît. Car si quelque chose est donné, cela signifie que, au préalable, il n'était pas possédé. A contrario, si quelque chose est enlevé, cela signifie que, au préalable, il était possédé.

Mais il faut aller plus loin encore, s'agissant des libertés. Donner une liberté, cela signifie que, parmi l'immensité des libertés, une liberté est donnée. Enlever une liberté, cela signifie que, parmi l'immensité des libertés, une liberté est enlevée. En disant « tu peux », le droit possibilité donne une liberté dans l'immensité des interdits. En disant « tu ne dois pas », le droit interdiction donne une interdiction dans l'immensité des possibilités.

Ainsi, le droit interdiction prive d'une liberté, mais, comme par négatif, il en sous-entend une multitude d'autres qui existe encore. Au contraire, le droit possibilité donne une liberté, mais, comme par négatif, il en sous-entend une multitude d'autres qui n'existent pas. Il s'en suit que le droit interdiction est bien plus libérale que le droit possibilité.

 

L'étude du décalogue est à ce titre un exemple qui éclaire beaucoup. Il affirme certaines possibilité, qui, étant tellement restreintes, deviennent des obligations. Tu adoreras le seigneur ton Dieu, tu sanctifiera le jour du seigneur, tu honorera ton père et ta mère … Il affirmera certaines interdictions. Tu ne tuera point, ne portera pas de faux témoignages ... Et le décalogue se contente de cela. Il définit quelques obligations et quelques interdictions. Il mixe le droit possibilité et le droit interdiction. En affirmant que « tu adoreras le seigneur ton Dieu », le décalogue sous-entend qu'il est interdit d'en adorer un autre. En affirmant que « tu ne tueras point », le décalogue semble dire que tu peux frapper. Cela s'imprègne d'ailleurs à tel point dans l'esprit juif que lorsque le Christ viendra sur terre, il rappellera dans l'Évangile l'esprit du texte, affirmant que celui qui a frappé encourt la même peine que celui qui a tué. Mais l'idée est toujours là.

Le décalogue est un droit libéral, c'est-à-dire que c'est une droit qui libère. En effet, à travers dix commandements, il définit le champ des restrictions et le champ des possibilités. Les restrictions ne portent que sur peu de caractère (restriction de la religion, restriction des paroles envers Dieu, restriction de l'utilisation d'un jour de la semaine, restriction du comportement envers les parents), et le champ des possibilité n'est que très peu fermé (interdiction du meurtre, du vol, du mensonge et de l'adultère, du fait de convoiter). En dehors de ces dix obligations, l'homme peux tout faire. Or, qu'est-ce que dix obligations, face à l'immensité des choix de l'homme ?

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Droit
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Lundi 4 janvier 2010 1 04 /01 /Jan /2010 19:18
 

Depuis le XIIè siècle, on raconte que je vais de maison en maison dans la nuit du 5 au 6 décembre pour récompenser les enfants sages. Je leur apporte de petits cadeaux ou des friandises, et nous prions ensemble. Au début, c'était surtout vrai en Allemagne ou aux Pays Bas. J'ai même profité d'un bateau pour aller en Espagne, parce que sur mon vieil âne je ne serai pas aller loin. Partout on fabriquait des gâteau de pain d'épice à mon image : habillé d'une belle cape avec la mitre et la crosse, quelle allure ! Toujours plus d'enfants dans le monde voulaient me rencontrer. Ils déposaient leurs souliers dans l'attente de ma visite, sans oublier les carottes pour mon âne.

Je dois l'admettre, une fois célèbre sous le nom de Stinkerklaas, le succès m'a grisé. Avec mon vieux complice, le père Fouettard, on faisait un numéro du tonnerre : lui, les grimaces et les punitions, moi les bonbons et les cadeaux. Tous les parents nous réclamaient pour tenir tranquille les enfants, même de l'autre coté de l'Océan. Est-ce qu'ils auraient pu fonder New York sans notre précieuse collaboration ? Ils avaient vraiment besoin de nous : dans un pays neuf, les enfants c'est l'avenir !

C'est ainsi que je suis devenu Santa Claus et que je me suis débarrassé de Fouettard pour mieux chouchouter petits et grands. J'ai bien eu la concurrence un temps de l'enfant Jésus : les familles voulaient que ce soit lui qui donne les cadeaux. Heureusement le Seigneur tout pauvre et tout chétif dans la paille n'avait aucune chance face à moi. Regardez : revêtu d'un manteau rouge, une hotte sur le dos, avec mes grandes bottes, j'ai fière allure. Mes cheveux ont blanchi, je me suis laissé pousser la barbe et quand mon âne m'a quitté avec ce regard douloureux, je me suis offert un troupeau de rennes. Tant pis pour l'âne, tant pis pour Fouettard, il faut être de son temps. Au lieu d'une crosse, je tiens un sucre d'orge !

Comment suis-je devenu une vedette internationale ? Le pasteur américain Clément Clark Moore a raconté ma légende (très amélioré) dans la presse. Depuis, c'est devenu du délire : je suis censé passer par les cheminées, voler sur les toits, habiter au pôle Nord. Les enfants m'écrivent par internet, je fais de la publicité pour Coca Cola. D'ailleurs, j'ai tout envahi : on me fête le 24, mais aussi le 25 et même tout le mois de décembre ! Des milliers de pauvres types se costument comme moi pour attirer le chaland. On dépense des millions de dollars pour faire croire aux gogos que j'existe. Et vous voulez me rencontrer ? Non, mais vous croyez au père Noël !


Signé Saint Nicolas

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Histoire
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Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /Déc /2009 10:28

Je publie ici le commentaire d'un internaute sur le site figaro.fr à un article portant sur Pie XII. Il sera complété par quelques remarques qui sont miennes.

"Pie XII, silencieux et contreversé

Les archives sont ouverte depuis longtemps et les juifs eux-mêmes reconnaissent l'action de Pie XII et de l'église catholique en faveur des juifs. Il suffit pour cela de lire le livre du rabbin Dalin.
Les faits historiques parlent d'eux-mêmes.
Alors aux ignares qui affirmerait que Pie XII fut silencieux ou controversé , je leur suggère de se renseigner sur les quelques points qui suivent.

Élu pape le 2 mars 1939
sous le nom de Pie XII, on pourrait se demander pourquoi Eugenio Maria Giuseppe Giovanni Pacelli aurait eu besoin de rédiger une nouvelle encyclique dénonçant le nazisme alors que depuis 1930 Mrg Pacelli avait été le secrétaire d''Etat de Pie XI et qu'il fut derrière toutes les grandes déclarations et dénonciations du nazisme faites sous ce pontificat ?
Pourtant, c'est ce qu'il fait sans attendre en octobre 1939 dans "Summi Pontificatus" qui réaffirme la doctrine catholique de l'unité du genre humain (rappelant encore une fois le décret du Saint-Office de 1928 qui condamnait « la haine contre le peuple jadis élu de Dieu »)
Est-ce cela être silencieux?

Ce qui est aussi faux, c'est de laisser croire que l'élection d'un nouveau pape annulerait tout ce qui avait été dit et écrit au par auparavant ? L'église est une et indivisible et est surtout la continuité de Pierre.Un pape n'est pas un président d'une nation qui fluctue au gré d'élections. Un pape s'inscrit dans la vérité.Celle-ci ne change pas. C'est une constante.

Dès lors, les paroles et les actes de ses prédécesseurs deviennent ses actes, au propre comme au figuré. Pie XII ancien secrétaire d'état de Pie XI et son successeur fut donc tout sauf silencieux.

On sait tous que le « Mythe du XXe Siècle » qui est considéré comme l'ouvrage le plus important dans l'élaboration de la doctrine nazie, du théoricien nazi Alfred Rosenberg a été mis à l'Index par l'Église en 1934 et que l'encyclique « Mit Brennender Sorge » publiée le 10 mars 1937 a condamné clairement et fermement le national-socialisme. C'était déjà l'oeuvre du futur Pie XII.
En effet, en février 1937, Mgr Pacelli convoquait au Vatican le président de la conférence épiscopale allemande, le cardinal Bertram, et quatre évêques qui sont des amis personnels : Mgr von Preysing (Berlin), Mgr Schulte (Cologne), Mgr von Faulhaber (Munich) et Mgr von Galen (Münster). Il fut décidé de rédiger un texte condamnant le national-socialisme. Une première version, oeuvre de Faulhaber, fut durcie par Pacelli lui-même. Signée ensuite par Pie XI, imprimée secrètement en Allemagne, l'encyclique Mit Brennender Sorge (« Avec un souci brûlant ») fut lue en chaire, le 21 mars 1937, dans les 15 000 églises catholiques du pays.
Est-ce cela être silencieux?

On sait sans doute moins qu'en avril 1938, la congrégation romaine des séminaires et universités publia un Syllabus condamnant les théories racistes.
Ce Syllabus fut adressé aux établissements catholiques du monde entier. Il est déclaré dans le préambule que :
« les maîtres devront s'appliquer de tous leurs moyens, à emprunter à la biologie, à l'histoire, à la philosophie, à l'apologétique, aux sciences juridiques et morales, des armes pour réfuter avec solidité et compétence les assertions insoutenables qui suivent :

l°) » Les races humaines, par leurs caractères naturels et immuables, sont tellement différentes que la plus humble d'entre elles est plus loin de la plus élevée que de l'espèce animale la plus haute.
2°) Il faut, par tous les moyens, conserver et cultiver la vigueur de la race et la pureté du sang ; tout ce qui conduit à ce résultat est, par le fait même honnête et permis.
3°) C'est du sang, siège des caractères de la race, que toutes les qualités intellectuelles et morales de l'homme dérivent comme de leur source principale.
4°) Le but essentiel de l'éducation est de développer les caractères de la race et d'enflammer les esprits d'un amour brûlant de leur propre race comme du bien suprême.
5°) La religion est soumise à la loi de la race et doit lui être adaptée.
6°) La source première et la règle suprême de tout l'ordre juiridique est l'instinct racial
7°) Il n'existe que le Kosmos ; toutes les choses, y compris l'homme, ne sont que les formes diverses s?amplifiant au cours des âges de l'universel vivant.
8°) Chaque homme n'existe que par l'État et pour l'Etat. Tout ce qu'il possède de droit dérive uniquement d'une concession de l'Etat.

(Ces 8 propositions sont détestables, pardon de devoir les citer!)

Devant de telles condamnations claires que pouvait donc rajouter de plus Pie XII ?
Venir parler de juif ou non juif aurait été réducteur puisque l'on parle des hommes sans aucune distinction de race justement. Pire, cela aurait été même une faute. Elle ne fut pas commise.

Silencieux dites-vous?
On oublie encore qu'avant d'être élu pape le cardinal Pacelli, alors Cardinal secrétaire d?État, adressa en vain, de 1933 à 1939, 45 notes de protestations au gouvernement Allemand !
Est-ce cela être silencieux?

C?est toujours Mgr Pacelli avant mars 1933, qui négociera contre la volonté d'Hitler le concordat avec la nouvelle Allemagne (les précédents concordats passés par Länders n'étant plus valables). Ce Concordat fut signé parce qu'en mars 1933 il y a eu la création du "Ministère du Reich pour l'éducation du peuple et de la propagande". Pour résister au nouveau régime, Pie XI souhaitait ce concordat pour préserver les droits de l'église et des familles chrétiennes allemandes (en matière d'éducation et de mariage) où les Catholiques ne représentaient que 32 % de la population qui se concentrait principalement en Bavière et en Rhénanie.

Il ne faut pas non plus oublier que c'est encore Mgr Pacelli qui un an avant ce Concordat, avait en 1932 présidé la conférence de Fulda qui interdisait aux Catholiques d'adhérer au Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP). Une preuve de plus de la dénonciation des idées nationales socialistes !
Est-ce cela être silencieux?

Pour finir, personne, pas même un juif contemporain de cette sinistre époque, n'aura oublié qu'en 1943 Pie XII compléta de 5 millions en or, la rançon qui fut extorquée par les Allemands à la communauté juive de Rome en l'échange de ne pas faire de déportation.
Cette rançon n'ayant pas empêché les déportations Pie XII menaça de protester officiellement. Moyennant le silence du pape, l'ambassadeur von Weizsäcker obtint l'arrêt de la rafle : 4000 juifs romains furent sauvés, beaucoup trouvant refuge dans les couvents de la ville. La diplomatie vaticane, par des actions de ce type, a sauvé des centaines de milliers de personnes, entre 1943-1944, en Italie, en Slovaquie, en Croatie, en Roumanie et en Hongrie.

Pie XII fut tout sauf silencieux et s'il le fut ce fut pour sauver des vies!"

 

Il faut ajouter que le grand rabbin de Rome se convertit au catholicisme à l'issue de la guerre. Ce qui est un signe de l'action du pape, sans conteste. Il faut rappeler que le Vatican a servi avec l'accord tacite de Pie XII de refuge de nombreux juifs (voir le film La pourpre et le noir). Il faut souligner que le monde littéraire historique est globalement d'accord sur l'action bénéfique de Pie XII.  Mais il faut croire que condamner un pape est bien plus vendeur que de dire la vérité.
Il faut lire cette
citation de Albert Einstein :  L'Église catholique a été la seule à protester contre les assauts hitlériens portés à la liberté. Jusqu'alors, je n'avais pris aucun intérêt pour elle, mais aujourd'hui j'éprouve une grande admiration pour l'Eglise, qui seule a eu le courage de se battre pour la vérité spirituelle et la liberté morale.
Il faut rappeler que pas un seul pays ni association n'a condamné ouvertement la déportation des juifs. C'est tellement vrai que la plupart ne l'ont appris qu'à la fin de la guerre. En admettant que Pie XII eut été silencieux, c'est l'ensemble des silencieux qu'il faut condamner.
A ceux qui affirment que des filières de fuite des nazis ont été mis en place par le Vatican, je répondrai que je n'en sais rien, et qu'avant de parler, il faut s'appuyer sur des preuves solides. En la tenant par hypothése pour vrai, et sans aucune sympathie pour le nazisme, j'affirme que cela ne me choquerait pas. L'Eglise Catholique prône le pardon, et l'immense miséricorde divine existe aussi pour les pires crimes de la terre. C'est pourquoi, lorsqu'à la fin de la guerre, les nazis ont été pourchassés, le Vatican les aurait laissé avec leur conscience, Dieu étant meilleur juge que les hommes. Mais c'est par pur hypothése.

Enfin, il faut faire remarquer deux choses, à la fin :
- s'autoriserait-on de pareil critiques face à une décision d'une autorité juive ou musulmane ?
- les nombreuses campagnes de dénigrement de Pie XII ont une source : la haine anticléricale du communisme, qui voulait détenir le monopole de la résistance. En discréditant l'action ecclésiastique, elle s'affirmait comme la seule résistante, ce qui lui donnait une aura immense. C'est la seule raison de ces films comme Amen qui ne sont que pur mensonge.

Encore une fois, je n'aurai de cesse de condamner l'ignorance dont résulte de pareils bêtises.

Aubert de P.

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Histoire
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Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /Déc /2009 17:18
 

De l'ignorance des combattants de la religion

 

Si la religion catholique se vantait d'avoir une vue claire de Dieu, de la posséder sans voile, ce serait la combattre que de dire qu'on ne voit rien dans le monde qui la montre aisément. Mais si elle dit au contraire que l'homme est dans les ténèbres et que Dieu s'est caché à leur connaissance, si elle établit que Dieu a établi des marques pour que ceux qui le cherchent sincèrement, tel qu'il faille qu'ils le fassent de tout leur cœur, alors dire que rien ne le montre est au contraire affermir la religion catholique.

Pour la combattre, il faudrait affirmer avoir chercher partout, même dans ce que dit l'Église, sans avoir rien trouver. Mais il ne s'est jamais trouvé personne pouvant affirmer cela en vérité. Ces personnes qui posent cet argument croient avoir fait un grand effort en lisant soit la bible, soit un ouvrage religieux, soit encore en écoutant le témoignage d'un ecclésiastique. Cette négligence n'est pas supportable, parce qu'il s'agit de nous-même.

L'immortalité de notre âme est une chose si importante qu'il faut qu'à chaque instant ce soit elle qui guide nos actions. Et il faut avoir perdu tout sentiment pour ne pas s'intéresser à l'immortalité de l'âme. Et il faut faire une différence parmi ceux qui n'ont pas trouvé la réponse, entre ceux qui l'ont cherché et ceux qui ne l'ont pas cherché, qui n'y pensent même pas.

Les premiers suscitent la compassion. Les seconds l'effarement. Ceux-là passent leur vie sans s'inquiéter de leur fin dernière, par cette seule raison qu'ils ne trouvent pas la réponse en eux-mêmes et ne veulent pas aller la chercher à l'extérieur.

Il ne faut pourtant pas être très intelligent pour deviner que notre vie est rempli de choses vaines, qu'elle tend quoiqu'il en soit vers la mort, qu'il faudra un jour, soit être anéanti soit être éternellement. Rien n'est plus réel, et voilà ce qui attend tout homme. Dès lors il n'y a de biens dans la vie que dans l'espérance d'une autre vie plus heureuse, et que si il n'y aura plus de malheurs pour ceux qui ont cru en l'éternité, et il n'y aura pas de bonheur pour ceux qui n'ont pas eu de lumière.

C'est donc un mal que d'être dans ce doute, aussi faut-il y remédier. Celui qui doute et qui ne cherche pas est malheureux et injuste. Il est surtout bien extravagant.

« Je ne sais rien, dit-il. Je ne sais que le fait que je vais mourir, et encore ne sais-je absolument rien sur cette mort fatale. Je sais juste que je tomberai soit dans le néant soit dans les mains d'un Dieu irrité. J'en conclue que je ne dois m'inquiéter de rien, et ne veux prendre la peine de sortir de cette incertitude, me laisser conduire mollement à la mort » (cf Montaigne). (Pascal note que c'est un sujet de désespoir plutôt que de vanité). Qui choisirait un tel homme comme ami ? Qui le prendrait pour le représenter ? Il est médiocre

Et il est glorieux à la religion d'avoir des ennemis aussi déraisonnable. Car elle ne montre que deux choses : la corruption des hommes et la rédemption du Christ. Si ces hommes là ne montrent pas la rédemption du Christ, au moins montrent-ils la corruption des hommes.

Rien n'est si important à l'homme que son état, rien ne lui est plus redoutable que l'éternité. Ces hommes sont indifférents à la perte de l'homme, mais se soucient de toutes sortes de choses inutiles et vaines : la mode, les livres, les bals, l'honneur … Cette insensibilité pour les grandes choses, et cette sensibilité pour les petites est à la vérité incroyable.

Ces hommes tirent gloire de cet état. Mais en vérité, qui voudrait comme ami une personne qui vous dit que l'âme n'est que fumée et fiction. L'on préfère les hommes honnêtes, bons, dévoués. Ces hommes vous diront qu'ils « ont secoué le joug ». Vous en serez fort aise. Cela va-t-il vous apporter quelque chose ? S'il est un joug qu'il ne pourra jamais secoué, c'est la mort. Dire qu'ils ne se soucient pas de leur âme, cela rendra-t-il heureux leurs camarades ? Rien n'est plus lâche que de faire le brave devant Dieu. Qu'ils reconnaissent qu'il n'existe que deux sortes de personnes raisonnables : ceux qui cherchent Dieu de tout leur cœur, et ceux qui l'ayant trouvé le prie de tout leur cœur.

Pascal dans Les Pensées

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Religion
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Vendredi 18 décembre 2009 5 18 /12 /Déc /2009 22:51
 

Dernier cour de Philippe Malaurie

 

 

Vertu du juriste : clarté, précision, simplicité, refus de l'effet, horreur du verbalisme, modération, humilité intellectuelle ; goût de la liberté, bon usage de la liberté, refus des idées communément reçues, du conformisme intellectuelle, du crétinisme médiatique.

 

Deux idées importantes, qui en amène une troisième :

  • omnis potestas a demonio, mais omnis potestas a deo. Le pouvoir est à la fois démoniaque et divin

  • l'histoire est l'œuvre des coquins et des honnêtes

  • ces deux contradictions montrent que les œuvres humaines n'existent et ne vivent que par leur contradictions

 

« C'est sur les relations entre les personnes, les biens et le droit que se jouera le XXI siècle. La tendance actuelle à la réification de la personne signifiera-t-elle que demain la personne se prendra pour une chose : l'embryon, l'agonisant, notre génome seront-ils des choses ? La femme sera-t-elle une chose ? L'enfant sera-t-il un objet de droit ? Si la personne accepte d'être prise pour ne chose, elle ne croira plus en elle, et la fin de l'espérance, c'est la fin de la civilisation. »

 

C'est la personne qui est l'essentiel du droit. La persona était un masque que se mettait les comédiens antiques. Et sous le masque, un seul masque reste : l'individu. Elle est aujourd'hui menacé par la puissance des médias, comme l'était jadis par la faiblesse. L'amour du faible a un souffle immense.

Le droit des biens est au contraire matérialiste. Il est bon d'avoir du bien, et le Code Civil, qualifié de droit des propriétaires, est dans la continuité de cette idée. Le droit n'aime pas les pauvres, et c'est réciproque.

Aujourd'hui, l'écologie tend à limiter le pouvoir d'exploitation des richesses. Si la nature doit être protégée, elle ne doit pas être déifiée. Un équilibre doit être trouvé.

 

L'Etat de droit est infiniment supérieur à l'Etat sans droit, malgré ses faiblesses, ses injustices, ses incohérences. « L'Etat de droit, c'est l'homme en marche. L'Etat sans droit, c'est la bestialité ».

« La règle de droit n'est cependant pas une potion magique qui règle toutes difficultés et mènerait au paradis terrestre ». La confiance absolue dans la raison fut l'erreur des Lumières et des Révolutionnaires. Il y a un mystère dans le droit.

Chateaubriand : Il y a dans les affaires humaines quelque chose de fatal et de secret qu'on ne saurait expliquer.

La règle de droit ne peut pas être parfaite.

Portalis : il serait absurde de se livrer à des idées absolues de perfection dans des choses qui ne sont susceptibles que d'une bonté relative.

Beaucoup de règles sont mauvaises, beaucoup produisent des effets pervers. Protégez le consommateur et le prix augmente. La religion épanouit l'homme et crée le fanatisme. Rêvons cependant que l'imperfection est évitable.

Imaginons une machine qui connaissent tous les facteurs qui dominent les relations humaines. Imaginons une machine qui saurait tout. Imaginons une machine qui prévoirait tout. Elle ne pourrait pas faire un droit parfait, parce que dans tout acte humain, deux systèmes de valeurs se rencontrent, se combinent, s'affrontent, se confrontent et parfois se détruisent : c'est l'ambivalence de la condition humaine.

Simone Weil : Chaque chose que nous voulons est contradiction avec les conditions et les conséquences qui y sont attachées. C'est que nous sommes nous-mêmes en contradiction étant Dieu et infiniment autres que Dieu. Le mal est l'ombre du bien. Tout bien réel pourvu de solidité et d'épaisseur projette du mal.

Thibon en donne plusieurs exemples :

  • ayez beaucoup d'enfants ==> surpopulation ==> guerre (cf Japon, Allemagne …)

  • améliorez le sort matériel d'un peuple ==> altération de son âme

  • dévouez-vous à quelqu'un ==> vous cessez d'exister pour lui

 

Mais le pire n'est pas toujours sûr. Le combat pour perfectionner le droit n'est pas vain. Pour le réussir, il ne faut ni faux orgueils, ni illusions trompeuses, ni complète confiance en les sciences et en les idéologies. Vertus : humilité, lucidité, patience, énergie, esprit juste.

Des millions de juristes ont mené ce combat. Pas ceux qui sont positiviste, affirmant que la loi c'est la loi un point c'est tout. Ce sont des laborieux et des petits juristes. Tous les grands juristes ont pris de la hauteur sur le droit positif pour dénoncer ses fautes, ses manquements, ses injustices. De tout temps, le droit a été dur pour les humbles, et de tout temps les grands juristes ont tenté de les défendre. Ils ont voulu un droit libérateur, tâche sans cesse à recommencer. Les grands juristes l'ont fait parce qu'ils avaient foi en des valeurs, raison d'être du droit et de leur vie. Le « grand » juriste est celui qui a soif de justice, l'horreur des injustices, et qu'anime le ferment de la foi.

 

Le lendemain, c'est vous (Georges Bernanos), conclue Philippe Malaurie devant ses étudiants de première année.

 

11 mai 1994, Panthéon-Assas, Philippe Malaurie

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Droit
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Vendredi 18 avril 2008 5 18 /04 /Avr /2008 21:08

[...] Quelques dommages que vous imposât le séjour du navire ou le temps de la quarantaine, il est impossible de les comparer à tous ceux que vous pourrez souffrir, exposé seul à la perfidie de la mer et à la malice des hommes, hors la loi desquels vus vous êtes placé.
Problème de force et d'adresse ! dira t-on. Et chacun peut répondre qu'il se sent en effet assez adroit, pour se flatter de triompher par ses propres moyens. En fait, on l'a espéré une infinité de fois. En se compliquant la société met au service de l'individu des ressources de plus en plus nombreuses et variées. Il s'en sert conformément à la nature, pour échapper à la contrainte du navire et à la police du port. Le nombre de ces infractions individuelles semble s'accroitre à peu près nécessairement. Mais il ne semble pas que ce soit un très grand péril pour le navire ni même pour la population d port menacé. Il est rare en effet que ces infractions soient heureuses. Souvent les fugitifs se noient ou ils sont cueillis au rivage. Ils n'ont point tous la peste, ils ne la donnent pas toujours et, s'ils la donnent, c'est une malchance entre beaucoup d'autres ; elle porte en soi sa leçon. La nature se fait volontiers le gendarme de la société : des caractéres assez forts pour avoir reconstruit, maintenu et dévelloppé leur bonheur envers et contre tant d'obstacles multipliés, on peut dire qu'ils l'ont mérité et que leur faute initiale est parfois destinée à fonder quelque mystérieuse grandeur. Mandrin, Gaspard de Besse et Cartouche ont fini par être roué. Mais un autre larron, en se sauvant, en ouvrant un asile aux brigands de sa sorte, a fondé la société la plus ferme, la plus solide et la plus policée de l'histoire du monde : il s'est appelé Romulus. Je ne vois pas de difficulté à ce que des gens de sa force et de son bonheur puissent se sauver du navire : il sauron construire un autre plus beau.
A une condition pourtant. C'est que ce point de vue tout historique, tout pratique demeure ce qu'il est : un point de vue de fait. L'histoire consacre et, en quelque sorte, légitime les brigandages du nourrisson de la Louve. Mais l'histoire seule ; nullement la morale contemporaine de Romulus, ni la législation, ni la religion. Dès qu'un être humain s'est échappé du navire, il est moral, il est légal, il est religieux de l'abandonner aux effets de son imprudence ou de son audace. Ni la structure du navire, ni les institutions du port, ne sauraient être retouchés pour faciliter son chemin si des intérêts plus nombreux et plus certainement précieux que les siens doivent souffrir d'une pareille dérogation. Le sien lui même y perdrait sa valeur souveraine. Son évasion doit rester chose illégale et interdite ; son succés, même envié, quelque chose d'étranger à la loi, l'exception. Et celui qui vient de se placer hors la loi, devrait se faire un point d'honneur et presque un plaisir d'y rester. Il y a de la force d'âme à subir héroïquement une discipline cruelle. Il peut y en avoir aussi, dans certaines conditions, à en secouer le fardeau. Ce ne serait point là un mauvais sujet de dyptique : d'un coté, par exemple, la sublime résignation des mal mariés ; de l'autre, le courage de ceux qui osérent s'aimer contre la volonté du monde et les injonctions de la société,  "en libre grâce" comme disent les nihilistes, mais dans des conditions de fidélité et de dignité éternelles.
Les deux volets du diptyque, leurs deux régimes supposent également, au même titre, un monde, une société et des lois certaines qui ne plient point. Ôtez ces lois, ou énervez-les : les conditions du bonheur général sont détruites, et la vertu privée, comme le grand amour perdent aussi leurs ressorts essentiels. Ni éprouvés, ni exercés, les coeurs les mieux nés se conforment à l'extrême faiblesse des moeurs. On ne se sauve plus du vaisseau à la nage. On ne se risque plus. On aime plus à se risquer. L'occasion du risque elle-même a disparu. La rade a perdu sa profondeur, ses dangers. Le navire s'enfonce lentement dans ce marécage. A l'extrême facilité correspond et correspondra de plus en plus le progrés de la médiocrité générale. Et le plaisir s'abaissera des bassesses de la virtû [vertu, allusion à LA vertu du stoïcisme]

L'Allée des philosophes

Charles Maurras

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Politique
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Jeudi 17 avril 2008 4 17 /04 /Avr /2008 22:54

Un bateau se trouve devant un port où l'un des passagers voulait aborder Il y va pour lui des plus hauts intérêts  moraux et matériels, de revoir un père mourant, par exemple, d'assister à un procés d'où dépend l'avenir des siens. Que sais-je ?... Des cas de peste ce sont produits sur le bateau. Les autorités de la ville interdisent le débarquement par crainte de la contagion. Serait-il juste, serait-il acceptable de céder aux supplications du voyageur au risque de contaminer une cité de cent milles habitants ? Evidemment non. Voilà donc une circonstance où la justice, où la charité exigent le sacrifice de l'intérêt individuel à l'intérêt général. Ce principe domine la société. Entre deux mesures dont l'une est certainement utile à l'ensemble et pénible à tel individu, l'autre, agréable à cet individu mais nuisible à l'ensemble, la justice et la charité veulent que la première prédomine. C'est la question qu'il faut poser à propos de toute insitution, pour en mesurer la valeur. Posez la pour le mariage indissoluble, etc ...
[...] Le Père Euvrard parle, par surcroît, de charité et de justice, espérant émouvoir de la sorte un tendre et noble coeur de femme. D'un langage plus sec et plus réaliste, la parabole du navire, si on la continue, peut dévellopper et définir non des obligations mais les nécessités de la vie sociale et ses conséquences pratiques dans un sens et l'autre. Parce que vous nagez bien, vous vous lancez hors du navire. C'est une solution. Elle ne peut avoir sa justesse, mais à condition que vous ne vous trompiez pas sur les risques que ce parti vous fait courir. L'eau peut vous faire conduire à la terre : elle est moins sûre qu'un bon plancher de sapin. Vous pouvez aborder. Ne soyez pas surpris que le service sanitaire vous appréhende et vous mette en observation. Vous échappez à la surveillance : convenez qu'il est juste que vous soyez dès lors contraint à vous tenir caché et, si la peste éclate par votre faute et que la populace vous malméne ou vous pende, si l'on massacre vos parents et qu'on brûle votre maison, c'est pure et légitime succession du premier accroc que vous vous êtes permis de faire à la convention primitive. Quelques dommages que vous imposât le séjour du navire ou le temps de la quarantaine, il est impossible de les comparer à tous ceux à tous ceux que vous pourrez souffrir, exposé seul à la perfidie de la mer et à la malice des des hommes, hors la loi, desquels vous vous êtes placé.

L'Allée des philosophes

Charles Maurras

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Politique
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Vendredi 11 avril 2008 5 11 /04 /Avr /2008 22:04
 

Si tu ralentis, ils s'arrêtent
Si tu t'arrêtes, ils se couchent,
Si tu faiblis, ils flanchent
Si tu doutes, ils désespèrent,
Si tu hésites, ils reculent
Si tu critiques, ils démolissent ...
Si tu marches, ils courent,
Si tu cours, ils te dépasseront
Si tu pries... alors ils seront des saints.

Par Godefroy de Bouillon - Publié dans : Scoutisme
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